Cameroun: que reste-t-il de l’UPC?

 

Les candidats enchaînent les meetings à travers le pays en vue de l’élection présidentielle du 7 octobre. Eseka, dans le centre du pays, est l’un des fiefs de l’Union des populations du Cameroun (UPC), le grand parti nationaliste camerounais. C’est également là qu’est enterré Ruben Um Nyobé, qui fut assassiné il y a 60 ans et qui reste encore aujourd’hui une immense figure de l’indépendance du pays. A l’occasion de cette présidentielle, l’UPC est plus que jamais divisée.

 

Dans le petit cimetière protestant, quelques fleurs déposées sur une tombe. Ruben Um Nyobé repose ici depuis le 13 septembre 1958. Raphaël vient de temps en temps se recueillir. « Sur la tombe d’Um Nyobé, il y a de l’air qui passe, et cet air nous parle. Donc cette flamme patriotique reste présente dans nos coeurs », confie-t-il.

 

Un parti en miettes

 

Aujourd’hui Eseka reste des rares bastions de l’UPC. Mais le parti est en miettes. Comme désintégré. Habiba Issa, présidente de l’UPC, appelle à voter Akéré Muna, mais son secrétaire général a choisi le président Biya. Une section de l’ouest préfère Maurice Kamto et de nombreux cadres ne cachent pas leur intention de voter Joshua Ossih et surtout Cabral Libii.

 

Un bien triste spectacle pour Louis-Marie Mang, de l’UPC Manidem : « Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est le résultat d’une histoire de répression féroce. Il y a eu des dizaines de milliers de morts. Les pouvoirs camerounais ont cherché, et ont réussi d’une certaine manière, à anéantir l’UPC. Mais ils n’ont pas pu anéantir dans l’esprit des Camerounais le projet politique que nous laissent les fondateurs de l’UPC. Et l’UPC reste une référence pour beaucoup de Camerounais, à l’heure actuelle. »

 

La France reconnaîtra-t-elle un jour sa responsabilité ?

 

A Eseka, beaucoup souhaitent que la mémoire d’Um Nyobé soit enfin honorée et espèrent aussi que la France reconnaîtra un jour « sa responsabilité dans les massacres perpétrés lors de la guerre d’indépendance » .

source : rfi.fr

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