Cameroun anglophone: à Buea, la communauté francophone s’inquiète

Au Cameroun, à Buea, la capitale régionale du sud-ouest anglophone, il ne fait plus bon parler français. La communauté francophone de la ville constituée d’étudiants, de commerçants et de fonctionnaires, ne vit plus dans la sérénité en raison du durcissement de la crise. Certains, qui redoutent des représailles de la part des activistes et miliciens indépendantistes, ont même déjà quitté la ville.

 

Majoritairement constituée d’étudiants, la communauté francophone de Buea se désole de la dégradation de la sécurité dans la ville. « La situation n’est plus très favorable pour nous les étudiants francophones, surtout depuis que la guerre avec l’« Ambazonie », si je peux dire ça comme ça, a commencé. Nous, nous sommes plus exposés parce que nous parlons français. Eux, ils nous voient différents d’eux. Ils nous disent que si on n’est pas contents, on n’a qu’à rentrer dans notre pays. Pour eux, notre pays c’est soit Yaoundé, soit Douala, toutes les zones francophones en fait », explique Natacha, étudiante en médecine.

 

Une hostilité également ressentie par Bernadette qui tient un commerce, non loin du campus. Le harcèlement des miliciens pro indépendance est tel qu’elle n’envisage plus que de quitter la ville. « Vous voyez ce bout de papier, je l’ai trouvé sous ma porte il y a deux jours. Il y a dessus des numéros de téléphone et un message qui demande de faire un envoi d’argent pour participer à l’effort de guerre. Qui a fait cela, je ne sais pas. Je ne peux plus me sentir en sécurité dans ces conditions. Pour moi, c’est clair. Je vais devoir partir de Buea, même si c’est à contrecœur », déplore-t-elle.

 

A contrario, Gérard qui dit vivre là depuis vingt ans assure qu’il ne bougera pas. « Partir de Buea, vous rigolez ! Buea, c’est le Cameroun. Je suis ici et je reste quoi qu’il arrivera », dit-il. Partir ou rester, une décision finalement peu évidente dont le déterminant tient à Buea à l’évolution de la situation sécuritaire.

source: Rfi.fr

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